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A voir sur retro

Martin Voellmin m’a proposé d’éditer ce très émouvant et magnifique film sur la barque de Meillerie en 1925.
Prenez place sur un de vos plus vétustes fauteuils, oubliez vos tracas quotidiens si importants, videz votre tête et regardez, pénétrez et regardez, rien d’autre.

LORIENT

P1020386 Lorient la mal nommée ; située à l’extrême ouest de la France, donc à l’occident… Les reporters polyglottes de « la nouvelle gazette du port » s’y sont rendus.
Un voyage de douze heures, parsemé d’embûches et de restoroutes aux sandwiches « Sodebo » … Mais oui ! Tu sais ! Sodebo, le bateau qui s’est pété la gueule contre un cargo à la régate « route du Rhum ».
Bref, tout ceci fait partie du métier, un métier à risques.
Mais, rétorquerez-vous ! Que diable alliez vous faire dans cette galère ?
Chercher un bateau pour le rapatrier en Suisse.
  • Alors, Lorient, C’est comment ?
  • Lorient, c’est une ville, un port, un pic, que dis.je, une péninsule ou plus simplement dit, la Mecque de la voile. Dans des temps plus reculés, elle fut une base militaire dédiée aux sous-marins. En lieu et place de mousquetaires… Dans le port de Lorient, y’a des marins qui chantent, des rêves qui les hantent… Grand Jacques, si tu nous entends !
Dans le port de Lorient, y’a beaucoup de mini 6.50.
Y’a des bateaux de pêche
Y’a des bateaux blessés
Y’a des immenses bateaux propulsés par d’immenses hélices
Y’a des bateaux de guerre
Y’a des vieux bateaux coulés à l’entrée du port

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Y’a des amarres pour retenir le temps
Y’a le marin des Alpes qui n’a pas encore bien digéré ce que les marins du port lui ont infligé

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Y’a des tagueurs talentueux
Y’a des bâtiments en ruines
Y’a des images bizarres
Et bien sûr, il y a Tabarly
Y’a enfin un bateau qui est convoyé vers la Suisse
Conclusion : Keskilébo, notre tout petit port de la Tour, avec ses petits bateaux, ses petits marins,ses petites régates, ses petits canards, ses petites tempêtes !

Morbihan

L’équipe de la « gazette du  port » ne comptant plus les sacrifices consentis pour satisfaire ses visiteurs…. a décidé de se rendre dans la capitale de la voile, un petit port voisin du nôtre : Lorient. Elle y réalisera quelques impressions photographiques toujours bien entendu en relation avec ce sport qui nous anime et nous ruine. Restez connectés, vous ne serez pas déçus.

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Morges, salon nautique, coup de coeur !

Nos délégués syndicaux à la retraite ont été envoyés sur place, au salon nautique de Morges. Ils y ont trouvé des petits bateaux, des grands bateaux enfin, des bateaux. Un stand les a particulièrement frappés; celui de la voile handicap, soit Swiss disabled sailing. Ils ont eu le privilège de réaliser deux interviews.
Voici le premier. Il a été adressé à Michel DARBRE, son président :

michel-coach Gazette – Pouvez-vous nous donner quelques informations sur votre association.

MD – L’association date de 1991, nous sommes partis avec une petite dizaine de navigateurs qui tiraient des bords à gauche à droite puis on a été contacté pour participer à des régates internationales. On est tout de suite parti sur la pointe de la pyramide en prenant les meilleurs avec lesquels nous sommes allé naviguer dans différentes régates de haut niveau. On a participé aux jeux paralympiques de Barcelone et d’Atlanta. En l’an 2000, on a évolué parce que les navigateurs avec lesquels on naviguait prenaient de l’âge, la relève n’existait pas, nous n’avions pas la base de notre organisation ce qui fait qu’on a un petit peu diminué nos activités internationales pour se recentrer sur des sorties plaisir. Depuis 5 ans maintenant, nous avons dynamisé notre association, changé de logo et on a offert la possibilité de naviguer à toutes sortes de gens pour faire des découvertes, des sorties d’un après-midi et pour les meilleurs, de pouvoir naviguer en compétition et les plus motivés, d’aller disputer des régates internationales. Nous avons participé cette année aux championnats d’Italie sur le lac de Garde.

G – Combien membres comptez-vous ?

MD – On compte une vingtaine de membres, l’association est plutôt composée de personnel encadrant. A l’inverse, il y eut près de 250 embarquements cette année, cela veut dire qu’il y a beaucoup de gens qui viennent qui ne sont pas membres mais qui viennent naviguer sous notre contrôle et au niveau des régatiers, c’est une petite équipe de dix personnes.

G – Combien de bateaux naviguent ?

MD – On a 7 bateaux, 5 Neo 4.95, quillards avec deux personnes à bord, l’une à côté de l’autre, ce qui permet de naviguer avec un moniteur, on a un SKUD 18 c’est le bateau des jeux paralympiques, une espèce de forty niner avec une quille, c’est un bateau à deux équipiers, toujours, un devant, un derrière, celui de derrière ne fait que barrer, l’autre s’occupant des drisses, écoutes et réglages. Le SKUD est le bateau amiral. Nous avons aussi 1 Surprise pour les sorties découvertes avec les enfants ; cela permet d’embarquer 5 à 6 enfants à bord avec 2 moniteurs.

G – Des enfants handicapés, eux aussi ?

MD – Toujours des handicapés, on ne navigue qu’avec des personnes en situation de handicap et l’encadrement nécessaire.

G – Quelle est la limite des handicaps pour embarquer ?

MD – Je crois qu’il n’y en a pas car sur le NEO, on a mis à bord des personnes tétraplégiques avec un lève personne (sorte de petite grue) qui permet d’installer le navigateur dans le bateau qui naviguera avec un moniteur et cette personne-là est complètement passive, en fait, elle découvre un peu l’eau et les éléments sensoriels. Ils mettent simplement la main dans l’eau et sont obnubilés par les éclats du soleil et de l’eau et cela leur suffit, ils ont souvent un plaisir énorme, parfois aussi, cela ne fonctionne pas. S’il aiment, on leur donne le moyen de tirer sur les ficelles, ils peuvent prendre la barre et le moniteur à côté peut reprendre la barre en cas de difficulté.

G – Dans vos bateaux de régate, les gens sont ils complètement indépendants, personne ne les aide, ce sont des bons navigateurs ?

MD – Alors absolument, certaine personne qui fait la découverte du bateau, qui n’a aucune connaissance, qui a un handicap très lourd qui ne lui permet pas de mener le bateau et puis on va jusqu’à l’inverse avec des gens qui ont des problèmes énormes mais qui gèrent leur bateau en compétition, c’est assez impressionnant.

G – Etes vous au courant de ce catamaran que l’on voit parfois passer avec plusieurs sièges pour des handicapés ?

MD – Vous parlez du bateau au Bouveret ; Handi the Cat. Il ne fait pas partie de notre association, eux font vraiment des sorties avec des gens fortement handicapés. Ils mettent des chaises sur le bateau, c’est un catamaran, les gens sont ici beaucoup plus passifs. Nous, nous rendons les gens actifs, on les considère comme des marins, comme des régatiers et pas comme des personnes handicapées, tel que notre slogan le dit : Embarquez et laissez votre différence à terre. Ils font comme moi, moi, je les bouscule parfois comme tout entraineur comme si c’était mon fils ou n’importe quel autre navigateur.

G – Ou trouvez vous les fonds pour faire tourner votre entreprise ?

MD – On a ces dernières années tourné de manière minimaliste avec quelques mécènes. Maintenant, on s’est lancé de manière un peu plus active, on a la Fondation suisse des paraplégiques comme sponsor principal, 2 ou 3 autres fondations comme la loterie romande. Les participants jusqu’à maintenant étaient principalement contributeurs pour pouvoir naviguer.

G – Comme on le dit généralement, quels sont vos objectifs ?

MD – Nous avons maintenant du matériel de qualité pour permettre à toute personne en situation de handicap de naviguer sans contrainte, sans efforts et on tente de faire naviguer nos bateaux au maximum, donc on cherche la relève, on cherche à développer toute la structure, l’objectif étant de multiplier les sorties en faveur des organisations, institutions et autres, après, pourquoi pas trouver les meilleurs ou les plus motivés pour leur permettre de venir naviguer ailleurs que sur le lac. L’année prochaine, nous avons l’ambition de participer aux championnats d’Europe en Angleterre avec 2 SKUD, si possible encore de faire les championnats d’Italie et de France. En fait il y a aussi la possibilité de voyager et de découvrir d’autres navigateurs, d’autres handicapés, d’autres contrées.

G – D’où ma question suivante : Seriez vous intéressés de venir à la Tour de Peilz un Week end pour faire ou participer à une régate. ?

MD – Avec grand plaisir, il faut juste voir sous quelle forme. Les NEO peuvent par exemple naviguer contre d’autres bateaux.

G – Je me ferai donc un plaisir de vous mettre en contact avec le CVVT pour éventuellement fixer une date, merci de votre gentillesse et à bientôt.

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C’est ensuite Patrick Parker qui a bien voulu répondre à mes questions parfois un chouia  indiscrètes :

P1020119 G – Pouvez-vous me parler de votre handicap ?

PP – Je suis né sans bras ni jambes, voilà ! Ce sont des choses qui arrivent ; depuis ma naissance, je vis comme ça et puis ça ne m’empêche pas de profiter de faire différentes activités sportives, comme la natation, la voile pour garder la forme, c’est important et voilà… sinon j’ai appris à vivre comme cela, à travailler, à conduire ma voiture aussi, toutes choses qu’on peut faire maintenant grâce à des adaptations, on peut aussi naviguer.

G – Etes-vous indépendant dans votre vie quotidienne ?

PP – Oui, tout à fait, oui oui, je suis indépendant, je travaille dans l’informatique, j’ai mon entreprise, je suis indépendant, je vais voir mes clients, les dépannages. J’utilise un ordinateur, un téléphone portable ! ( démonstration ).

G – Comment faites-vous pour monter sur le bateau ?

PP – Comment je monte sur le bateau ? On met le bateau à quai et je peux monter dessus depuis le bord, je suis assez souple, j’ai l’habitude de monter sur des fauteuils ou dans différents endroits, ce n’est pas un problème de monter sur un bateau.

G – Sans l’utilisation de la grue ?

PP – Sans grue !

G – Et pour barrer… ?

PP – Pour barrer, j’ai un système où je peux le faire avec deux barres qui sont de chaque côté de mon siège sur lequel je suis assis, j’ai deux sticks que je peux actionner avec mes bouts de bras pour pouvoir barrer le bateau.

G – Et pour les drisses et écoutes ?

PP – Pour les drisses et écoutes, le bateau se navigue à deux, un autre équipier assis à l’avant s’en charge.

G – Si le bateau part au lof, cela vous pose t-il des problèmes ?

PP – (rire) S’il part au lof, c’est une bêtise, on s’est fait prendre, les bateaux sur lesquels on navigue sont des dériveurs lestés donc c’est clair qu’ils peuvent se mettre à pencher mais en fait, ils ne se retournent pas et sur mon siège, j’ai un système qui me permet de régler la contre-gîte, il y a un moteur électrique qui fait basculer le siège d’un côté ou de l’autre en fonction de la gîte. Il y a deux petits boutons qui permettent de régler l’assiette du siège pour contrer la gîte.

G – Etes-vous attaché sur le siège ?

PP – Je suis attaché, oui.

G – Est-ce que parfois vous vous faites peur ?

PP – (rire) Ca va ! Ca peut arriver quand il y a beaucoup de vent mais non, en principe ca va ! Des fois, c’est un peu chaud aux arrivées au port parceque avec beaucoup de vent, ce n’est pas facile.

G – Vous arrivez au port sans aide ?

PP – Oui, tout a fait.

G – Quand avez-vous découvert la voile ?

PP – Alors… Cela fait de nombreuses années, ça fait 20 ans, d’abord sur un vaurien, ensuite sur un 4.20 puis un 4.70, j’ai commencé la voile au Bouveret, les bateaux n’étaient pas du tout conçus pour mon handicap, c’étaient des bateaux tout à fait conventionnels et standards; on a eu toutes sortes d’aventures, on a aussi chaviré parfois mais comme j’aime bien l’eau et que je nage, cela ne me fait pas spécialement peur, ce n’est pas un problème.

G – Avez-vous d’autres sports qui vous intéressent et que vous pratiquez ?

PP – Oui ! La natation,

G – Mais… pour nager… comment….. faites vous ?

PP – Je fais ce sport avec le sport handicap, j’ai toujours bien aimé l’eau ; à l’école, j’allais au cours de natation avec les autres et je nage sur le dos, sur le ventre.

G – Mais … pour faire avancer la … « machine » comment faites vous ?

PP – (rire) Je bouge mes petits bouts de bras pour avancer, je fais à peu près du 1km/h.

G – Est-ce que le fait d’être handicapé vous fait plus apprécier la vie ? Je me dis que nous ne nous rendons pas compte de tous ces gestes automatiques inconscients. Pour vous, chaque geste n’est-il pas une sorte d’exploit, une victoire ?

PP – Je comprends tout à fait; je pense qu’effectivement dans mon cas, le fait d’avoir un handicap a favorisé mon plaisir pour la vie, cela m’a permis d’avoir du temps pour réfléchir aux grandes questions existentielles qu’on se pose souvent et qui n’ont pas toujours de réponse, je pense que ça m’a permis d’avoir beaucoup d’intérêts divers, d’apprécier la vie.

G – Vous arrive-t-il d’avoir parfois des grands coups de blues ?

PP – Ca peut arriver mais…. Non !

G – Vous avez une vitalité assez extraordinaire !

PP – Oui, oui, j’ai besoin de faire du sport, j’en fais beaucoup et j’ai de la chance malgré mon handicap d’avoir une excellente santé.

G – Quel âge avez-vous ?

PP – 40 ans à la fin de l’année.

G – Question subsidiaire stupide : Comment faites-vous pour vous brosser les dents ?

PP – (rire) Comme vous !

Patience !

Le secrétariat principal de la gazette étant surchargé par d’inimaginables évènements, il a pris un peu de retard. Mais si vous patientez un rien, vous pourrez bientôt lire deux interviews passionnantes en exclusivité est-vaudoise. Elles ont été effectuées dans la Morges profonde, au salon nautique. Notre secrétaire-assistante de deuxième année s’y attèle, vous ne le regretterez pas ! (Si d’aventure vous le regrettiez, c’est que vous êtes de pauvres insensibles)

Ecrase- chrétien

De tout nouveaux pare battages sont actuellement en vente chez tout équipementier sérieux. Il vous sera possible de les maquiller pour qu’ils ressemblent à celui ou celle (je ne cite pas de noms) que vous désirez écraser contre le bateau voisin. Pensez à en offrir à Noël, le cadeau sera apprécié, c’est sûr !