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Le rire de Prevert

Quelqu’un

Un homme sort de chez lui
C’est très tôt le matin
C’est un homme qui est triste
Cela se voit à sa figure
Soudain dans une boîte à ordures
Il voit une vieux Bottin Mondain
Quand on est triste, on passe le temps
Et l’homme prend le Bottin
Le secoue un peu et le feuillette machinalement

Les choses sont comme elles sont
Cet homme si triste est triste parce qu’il s’appelle Ducon
Et il feuillette
Et continue à feuilleter
Et il s’arrête
A la page des D
Et il regarde à la colonne des D-U… du
Et  son regard d’homme triste devient plus gai plus clair

Personne
Vraiment personne ne porte le même nom
Je suis le seul Ducon
Dit-il entre ses dents

Et il jette le livre s’époussette les mains
Et poursuit fièrement son petit bonhomme de chemin.

Exclusive

Notre correspondante L.N.A., spécialiste des affaires marines et des pathologies moustiquaires norvégiennes nous a, au péril de son intégrité, proposé deux documents parfaitement exclusifs et tout aussi secrets,
Le premier représente un prototype de ce que seront les prochains bateaux de la CGN.
Il était enfin temps de songer à remplacer ces vétustes ancêtres crachotants par de fringants navires qui transporteront les frontaliers dans un confort mérité.
Dès 2043, nous pourrons les admirer (La couleur finale n’est pas encore définie).
Le deuxième cliché nous propose le futur de l’école de voile. Finis les zodiacs se trainant dans leur livrée de vulgaire caoutchouc, enfin des bateaux capables de suivre les foilers.

Insoumise bise

Vous avez acheté une frêle embarcation. Le plaisir de la mettre à l’eau ses petites voiles bien gonflées. Le vent arrière du à la bise vous entraîne insensiblement vers le large.
Or, si le vent poussant est amusant, le remonter de face n’est certes pas l’apanage de petits rigolos inconscients. Merci le sauvetage !

Lord Martin

Dans notre port boéland, nous pouvons côtoyer des capitaines sans bateau, des présidents de peccadille, des châtelains décatis, des subalternes sans chef ou encore des notaires décrépis … Mais jamais encore avons nous eu le privilège de croiser un Lord. 
C’est aujourd’hui chose faite. Celui dont il sera question ici bien que portant son prestigieux titre de noblesse avec panache a su demeurer un homme simple. Si vous le croisez, ne vous étonnez pas si il vous salue simplement. Ce Lord cumule aussi le titre de batelier, fonction beaucoup plus modeste. C’est cet homme exceptionnel que nous pouvons même surprendre à nous tutoyer comme si nous étions pourvus du même titre que lui.
                       Merci Lord Martin