Depuis La Tour-de-Peilz, Suisse, par Jacques Monnier. Tout sur la voile et les voiliers, les régates du lac, les événements véliques et les articles de la rédaction
On appelle bise noire ou retour de Vaudaire un vent de mauvais temps soufflant vers le sud-ouest en rafales très brusques, pendant la saison froide et dans des périodes ou le régime normal est au sud-ouest. En décembre ou en janvier quand elle souffle, le lac fume car, à son contact, l’air glacé se condense et l’on peut voir courir le vent.
La bise Lorsque les grains s’affolent dans tous les sens, ombres fuyantes, rapides comme des truites ; Lorsque le vol lourd des corbeaux qui s’épuisent à regagner la terre : Lorsque le lac à cinq cents mètres du bord, est blanc d’écume et que les mouettes mènent leur jeu et glissent emportées sur les pentes de l’air. Lorsque les arbres se plaignent, puis se taisent puis recommencent à se plaindre. Lorsque les nuages se massent sur les crêtes de Mémise, remplissent le vallon de Novel et les combles de la Chaumeny, tandis que le ciel au nord reste d’un bleu profond et mat.
Lorsque les canards se tiennent le bec dans le vent et culent doucement, ancrés sur leurs pattes. Lorsque les tourbillons amoncellent les feuilles, les entassent puis les soulèvent de nouveau, les éparpillent puis les soulèvent à nouveau, les éparpillent et les emportent. Alors les gens du haut lac reconnaissent la bise.
Les jours à venir, nous vous présenterons les définitions des vents du lac Léman décrits par André Guex qui fut peut-être le plus grand amoureux de ce plan d’eau.
Les vents du lac
Le vent d’abord, puisque sans lui Prométhée n’aurait pas pu donner aux hommes le char aux ailes de lin. Pour mesurer sa force, les marins d’eau douce ont une échelle à eux et parlent de petits airs, de jolis airs, de beaux airs et de gros airs quand soufflent les quatre grands seigneurs : La bise, la Vaudaire, le vent et le Joran
L’homme des cavernes était-il libre ? Non ! Il est clair qu’il avait des obligations. Peut-être celle de maintenir son feu allumé ou de protéger sa caverne ou encore de nourrir ses enfants. Ses obligations étaient alors liées à sa survie et celle de ses proches.
Aujourd’hui les obligations en vigueur visent à conserver nos acquis, richesses, confort et accessoirement nos vies. On roule à droite, on porte sa ceinture de sécurité, on ne tue pas ceux que l’on déteste et il est fortement recommandé de se faire vacciner contre un ennemi invisible nonobstant dangereux.
C’est précisément ces obligations qui nous posent problèmes, nous, nantis et tellement individualistes adorateurs de nos propres nombrils. On a rarement assisté de manière aussi violente aux actions de l’homme pour conserver cette liberté à laquelle il croit. Il refuse avec véhémence toute atteinte à son libre arbitre, il veut absolument être libre, libre de penser, libre d’agir et surtout libre de refuser ce qu’on veut lui imposer… il le voudrait !
En réalité, s’il use de son énergie pour contrer ce que l’on veut lui imposer, ce qu’il ignore, c’est qu’en fait il veut lui même choisir ses prisons (et en fait, il ne choisit rien, il est juste dépendant…)… il le croit !
Il fume, boit de l’alcool, abuse de son téléphone, nettoie sa voiture ou son bateau trois fois par semaine et travaille 12 heures par jour… Et il pense que c’est cela, la liberté…
Et si l’on affirmait que les obligations imposées visent essentiellement à nous protéger alors que nos soi-disant choix nous mènent à la destruction… Intéressant, non ?