Les brises
La théorie de brises de terre et des brises de mer est bien connue. Combien de fois, par les heures claires des matins d’été avons-nous grimpé au mât pour découvrir à l’horizon le mince cordon avant coureur du rebat ou du séchard ? Combien de fois, encalminés pendant les heures brûlantes des après-midi, avons-nous attendu les premiers frémissements des feuilles de la rive et les moments où les fumées immobiles se mettent à couler de la terre vers le lac annonçant la fraidieu, les albrans, le morget ou le jaman ?
Le jour, donc, par le beau temps, la terre s’échauffe plus et plus vite que l’eau et plus la terre est nue ou mieux elle est exposée au soleil, plus les courants chauds s’élèveront à sa surface et l’air qui est sur le lac, resté plus froid se mettra lentement en marche vers la terre. Le soir, comme si la nature voulait se remettre en place, la terre se refroidit plus que l’eau et la brise coule du coucher du soleil jusqu’au matin de la terre vers le large : brise de terre.

