La vaudaire selon A. Guex

La Vaudaire

Les pêcheurs ne l’aiment pas. Quand les nuages montent du sud-ouest ou que la plaine est engorgée d’orage, avant d’aller tendre leurs filets, ceux de la Tour épient à la jumelle la pointe du Rh
ône et la torsade noire et blanche qui annonce la chevauchée folle de ses moutons. Elle est déraisonnable et méchante. Ses vagues d’un vert éblouissant où joue la lumière n’ont pas le temps de trouver leur rythme qu’elles butent déjà contre la côte vaudoise à grands coups saccadés et brutaux tandis qu’au large les crêtes arrachées courent sur l’eau comme un duvet léger.
Débouchant de la plaine dans l’axe sud-est, nord-ouest, elle s’ouvre aussitôt en éventail vers Vevey qu’elle atteint de plein fouet, vers Cully qu’elle dépasse rarement et longe la côte de Savoie d’est en ouest à une vitesse de 20 à 30 m par seconde.
Une ou deux fois l’an, elle atteint Ouchy et Morges.

 

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