L’ancêtre des Bols d’Or, un texte amusant !
Le 20 août 1900, la Société nautique de Genève organise une grande régate autour du lac, dotée d’un objet d’art offert par M. Charles Bartholoni. Le règlement était nouveau et original. Le temps était compté de la façon suivante : on déduisait les heures pendant lesquelles les yachts restaient à l’ancre, de huit heures du soir à six heures du matin. En outre, les concurrents pouvaient se servir de tous les moyens de propulsion tels que rames, remorque par le youyou, gaffes, maille pour haler du rivage ; il était pourtant interdit de se faire tirer par un vapeur. Ces dispositions avaient pour but de permettre aux bateaux de se rapprocher des rives si la brise tombait, et de donner aux équipages la faculté de coucher à terre. Voici le compte rendu de cette course, extrait d’une lettre de E. Reverdin parue dans le Yacht du 25 août 1900 : « Lundi matin, à dix heures, nous sommes partis onze yachts de Versoix par légère brise du sud-ouest. Voici leurs noms : Tanit, Sirius, Grèbe, Sarina, Black-foot, Sarcelle, Alma, Yseult, Fly Gyptis, Blanche. »
« A midi, nous doublons le village d’Yvoire. Sarcelle et Fly nous abandonnent, à deux heures 45, devant Evian ; après avoir eu un moment de calme, à 3h30, nous voyons devant nous une forte poussée de vaudaire qui rend le lac bleu avec moutons. Nous allons à terre puis à Meillerie pour mouiller et laisser passer l’orage dont nous n’avons que le remous. Au bout d’une demi-heure, nous repartons, vent arrière, le temps s’étant remis rapidement.
« Nous arrivons au Bouveret de 5h55 à 6h13 ; nous ne sommes plus que sept concurrents. Nous avons donc fait un trajet très rapide, presque toujours au vent arrière avec brise très maniable permettant de porter les flèches et les spinnakers. Après le coup de vaudaire, j’avais pris la précaution trois ris que je n’ai pas tardé à larguer.
« Le retour a été plus mouvementé. Partis le 21 à 6h du matin du Bouveret, nous avons navigué dabord vent arrière, par brise légère puis calme plat s’est établi vers 10h jusqu’à midi. Les petits bateaux en ont profité pour ramer et même pour aller en remorque le long du bord. Je l’ai fait moi-même de Tourronde à Petite Rive pour ne pas rester en place. Vers midi, une brise très légère et nous voilà repartis vent arrière ; nous doublons Evian puis nous arrivons à l’embouchure de la Dranse à une heure et demie. De là avec une assez bonne brise, nous traversons le golfe ; la brise tombe peu à peu, Arrivés près d’Yvoire, vers 4h, un très fort coup de vent du sud s’élève ; Gyptismouille à Yvoire, Tanit à Nyon ; moi-même, j’amène toutes mes voiles. Je me mets à l’ancre un instant puis malgré une pluie torrentielle, je repars aux heures 4 minutes 35 secondes du soir. Avant moi sont arrivés Sarina et Yseult qui avaient dû se servir des avirons dans la matinée,
