Tiré de « Marins d’eau douce » De Guy de Pourtalès.
… J’étais petit, j’avais 12 ans. Qu’il me semblait large, alors, le lac…Plus vaste que la mer et plus profond.
Sur les géographies, nous le savions, on l’appelle le Léman. Mais pour nous, il était le lac de Genève, parce que le Léman ne signifie rien, tandis que Genève est la ville que nous connaissions et dont nous apercevions, là bas, les toits brillants. Le lac était notre grand ami des jeudis et des dimanches. Nous n’aimions guère la montagne, ni les promenades, ni l’hiver, ni les jours de pluie, parce que toutes ces choses nous privaient de lui. Il était le camarade de nos journées heureuses.
Je savais bien toutes ses couleurs.
Quand il souffle le « séchard », il est bleu, il est vert par le vent du sud, noir par le « joran », mauve par les soirs de calme et rose quelques fois , très tôt le matin …
