Mois : janvier 2016

Ceci n’est pas pour vous …

… Vous que la poésie indiffère, par contre, si l’agencement harmonieux de notre langue vous transporte, voici deux strophes d’un poème de Racine ( revu par Brassens) nous entraînant dans le sillage de ce  vent qui gonfle nos voiles…

Myt_28m

Il est morne, il est taciturne
Il préside aux choses du temps
il porte un joli nom, Saturne
Mais c’est un dieu fort inquiétant

En allant son chemin, morose
pour se désennuyer un peu
il joue à bousculer les roses
le temps tue le temps comme il peut…

Le poème entier est magnifiquement chanté par Brassens

 

Un septuagénaire

 

 

Si le temps parfois dure des siècles
Si notre siècle est un peu fou
Si très souvent on perd son temps
On a pourtant jamais le temps.

On attend l’amour
On attend le bonheur,
Comme à vingt ans.
On est impatient d’en finir
D’en finir avec le mauvais temps.

… Puis un beau jour,
On a septante ans.

A septante ans, on pense,
On pense que l’on pourrait être
Un homme respectable
C’est naturel, à septante ans
Un homme que l’on respecte, en somme,
Un qui sait tout sur la vie, un qu’on écoute,
Un qu’on salue, un qu’on cite en exemple
Un qui est à la hauteur des situations
Quelles que soient les situations.

Puis à septante ans
On pense encore, parfois,
Qu’on n’est pas vraiment sérieux
Et qu’il vaut mieux en rire
A septante ans, c’est bon de savoir rire de soi.

A septante ans, on a des amis, parfois.
Si l’on a pas d’amis, c’est peut-être
Qu’on s’est trompé de vie ou d’étoile
Ou qu’on s’est trompé soi-même

A tous les âges, c’est bon d’avoir des amis
Mais à tous les âges on ne le sait pas toujours.
Si l’on a des amis, on se dit alors
Qu’on a de la chance
Et l’on se prend à espérer
Qu’eux aussi ont de la chance
De nous avoir pour ami.

Alors on prend un peu de temps pour rêver
Puis comme une envie de pleurer..
A septante ans, on devient un peu sentimental..
Et comme il y a septante ans
Qu’on retient ses larmes
Parfois on pleure, tout simplement
Juste un petit peu,

On pleure à la vie, on pleure à l’amour
On pleure aux amis, on pleure à ceux
Qui n’ont pas d’amis
Ca fait râler d’ être sentimental !

Puis, tout à coup, on se rend compte
Qu’on a beaucoup parlé…
On est souvent bavard à septante ans,
Mais c’est bon d’être bavard à septante ans !

 

 

Les rois de Villeneuve

Le métier de reporter est semé d’embûches. Relater l’épisode d’une régate hivernale dans des conditions météorologiques dantesques peut à l’occasion remettre en cause l’essence-même du métier.

Ce fut le cas aujourd’hui à Villeneuve. Même Noé aurait hésité à quitter le quai dans de telles conditions.

Eh bien contre toute attente, six bateaux ont relevé le défi, enfin, six équipages.

Nous ne pouvons que leur adresser l’essentiel de notre admiration pour cet exploit.

Notre envoyé (se faire cuire un œuf) pour sauver la face s’est permis quelques photos d’intérieur.

 

Dimanche

Unknown-1     … Se déroulera la célèbre régate des rois. Où ? A Villeneuve, bien sûr.

Notre grand reporter des affaires extrêmes a éte dépêché pour couvrir cette périlleuse mission.

Il nous a fait savoir que sa présence sur les lieux de l’action n’était pas  absolument certaine, les conditions atmosphériques étant susceptibles de le clouer au coin du feu. Nous espérons qu’il aura l’audace de tout de même oeuvrer dans cette mégapole. 

SMA

images-1    Tiré de Tip & Shaft

L’INCROYABLE SAUVETAGE DU 60 PIEDS SMA

Après 20 longues journées de dérive depuis l’hélitreuillage de Paul Meilhat, sérieusement blessé le 14 décembre en pleine Saint-Barth-Port-la-Forêt, le 60 pieds Imoca SMA a donc été amarré sur coffre à Crookhaven, à quelques encablures du Fastnet. Période des fêtes oblige, on en a peu parlé, mais le sauvetage de l’ex-Macif, vainqueur du dernier Vendée Globe, a été une véritable odyssée. Une première tentative, partie des Açores le 16 décembre, se solde rapidement par un échec au vu des conditions météo ; une seconde, au départ de La Corogne, quelques jours plus tard, également.
Pendant ce temps, le 60 pieds, propriété de Mer Agitée, dérive à 4 noeuds de moyenne vers le nord-est, bâbord amures, barre sous le vent, quille dans l’axe et ballasté au vent, le J2 enroulé ballotant au gré des vagues après la rupture du lashing d’amure qui avait causé l’intervention puis l’accident de Paul Meilhat. Aidée de Christian Dumard, l’équipe de Mer Agitée parvient à calculer des polaires de dérive et à produire des routages assez précis.
Mais devant les difficultés des remorqueurs sollicités à intervenir efficacement, Pantaenius, l’assureur du bateau, décide de faire appel à Adrien Hardy. Cela se sait peu, mais le figariste n’est pas un néophyte en matière de sauvetage de bateau de course : il a commencé cette carrière particulière en 2013, en allant chercher le Pogo 2 de Ian Lipinski, son ancien préparateur, vainqueur cette année de la Mini-Transat. Depuis, il a joué les Saint-Bernard à plusieurs reprises pour Pantaenius.
Envoyer des coureurs au large chercher, à la voile, des bateaux de course à la dérive a beaucoup d’avantages : une plus grande autonomie que sur un remorqueur, une mise à l’eau du zodiac facilitée, une capacité de remorquage suffisante pour des monocoques… et un équipage qui connaît parfaitement la machine à aller chercher, saura la ramener en entier et, surtout, n’a pas froid aux yeux. « C’est une belle aventure, un beau défi, confie Adrien sur la route du retour, une activité très riche, avec de la stratégie, de l’estime, etc. On navigue dans des conditions qu’on ne retrouve pas en course, c’est très complémentaire.»
Hardy le bien nommé prend la mer depuis Le Crouesty sur un Cigale 14 le 23 décembre au soir, en compagnie de son père et de deux ministes, Olivier Jehl et l’Irlandais Thomas Dolan. « Il faut des gens motivés, car c’est voyage long et incertain, résume Hardy. Et quand on part là-dedans, il faut y aller à fond : on aura eu entre 30 et 65 noeuds en permanence… » Les conditions météo se dégradant terriblement, l’équipage fait demi-tour au bout de trois jours, à moins de 200 milles de l’objectif, pour rentrer sur Brest effectuer des réparations et attendre une accalmie. Le soir du réveillon, Adrien et son équipage, auquel s’est joint le Kiwi Chris Sawyer, prennent la route de l’Irlande dans des conditions toujours aussi viriles et se mettent en stand by à Crookhaven. Parallèlement, l’équipe Mer Agitée, emmenée par Marcus Hutchinson, a affrété un remorqueur irlandais.
Lundi 4 janvier, le Cigale 14 est le premier a repérer l’Imoca à la dérive, à une centaine de milles du Fastnet ; Hardy monte à bord 1 heure plus tard. Le remorqueur arrive dans la nuit mais devra se contenter de surveiller les opérations : l’équipe d’Adrien installe une motopompe pour évacuer l’eau, sécurise le gréement et envoie le tourmentin pour rallier Crookhaven à la voile. Mercredi 6 au matin, le 60 pieds bleu et blanc est à l’abri ; l’équipe technique peut monter à bord où l’attend un peu de travail (système de barre abîmé, voiles déchirées, de l’eau à l’intérieur…) avant le convoyage vers Kinsale, d’abord, et Port-la-Forêt ensuite. Hardy, qui a repris la mer jeudi, est attendu ce samedi soir au Crouesty. « On va pouvoir ouvrir les cadeaux de Noël ! »

Idec sport

Unknown-1  Article emprunté à Tip &Shaft :

 JOYON, LA RÉVÉLATION EN ÉQUIPAGE

Attendu ce vendredi soir sur la ligne à Ouessant, après un peu moins de 48 jours de navigation, malgré une ultime avarie de safran la dernière nuit, IDEC Sport, précédé de quelques heures par Spindrift 2, n’aura donc pas réussi à s’emparer du Trophée Jules-Verne. Pour autant, le bilan de cette première tentative est jugé excellent par Patrice Lafargue, patron d’IDEC et fidèle soutien depuis 2003 d’un Francis Joyon métamorphosé par ce tour du monde. « Pour Francis, le fait de naviguer en équipage était une découverte, pour moi aussi. C’est lui qui me l’avait proposé et franchement, j’avais des doutes. C’est un homme très réservé et très solitaire sur l’eau, je ne l’imaginais pas si disponible et prendre autant de plaisir en équipage. Je pensais que son plaisir ultime, c’était d’être tout seul sur un bateau ; là, il s’est révélé à lui-même. »
La communication « positive », illustrée par les nombreuses vidéos du bord montrant un Joyon souriant et même blagueur, ont fait le reste, comblant un Patrice Lafargue qui ne demande qu’à remettre ça. « L’échec, ce n’est pas l’histoire de Francis et je suis sûr que la bande de fous furieux avec lui est dans le même état d’esprit. Ils savent que le bateau a la faculté de le faire, ils n’auront qu’une hâte, c’est d’y retourner. » Prêts pour un nouveau stand-by d’ici la fin de l’hiver ? « Je suis encore assez con pour dire oui… », conclut Patrice Lafargue.