Mois : décembre 2015

Faites comme Benoit

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surfez !

La fin d’une année non seulement appelle généralement le début d’une autre mais ce moment hivernal est souvent l’occasion d’établir une manière de bilan.

Que sont devenues les résolutions de l’année passée ?

Furent-elles frappées de procrastination ? (Terme à utiliser en société pour affirmer sa culture, il signifie que l’on remet au lendemain ce que l’on n’a pas envie d’exécuter le jour même). Les a-t-on respectées ? Sommes-nous déçus de les avoir respectées car une bonne résolution est toujours meilleure dans sa tête que dans sa réalisation.

Comme le disait un philosophe : Toute décision que l’on repousse au lendemain n’était pas bonne. Toute excuse pour ne pas faire dans l’heure ce que l’on devrait n’est qu’alibi. J’ai trop de travail ou je n’ai pas le temps sont des manières de fuir. Ce qui est nécessaire ne souffre aucun délai. Si j’ai froid, je prendrai n’importe quel pull, je ne tergiverserai pas.

 Il est étonnant d’observer les « over booked » trouver tout de même du temps pour certaines activités plaisantes.

Le secrétaire par intérim de la gazette suivant ce précepte de près va immédiatement insérer ce texte dans un article, merci et à l’année prochaine ! Là nous pourrons enfin accomplir tout ce nous aurions du faire l’année passée mais durant laquelle nous n’avons pas trouvé une minute pour l’accomplir… et si nous ne l’accomplissons pas cette année, ce sera pour la prochaine !

                                                          Le rédacteur surnuméraire débordé

 

31 décembre

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Le directeur, président général de la gazette – section ouest du monde, au bénéfice d’une année à fréquentation record de la gazette, tient personnellement et solennellement à présenter ses chaleureux remerciements à :

 Le sous-directeur, l’adjoint au sous-directeur, le chef du contentieux, le responsable du service financier, la petite copine du responsable financier, le laveur de carreaux, la chef des techniciennes de surface portugaises, les inférieurs hiérarchiques…

Et tous ceux qui par leur ferveur ont permis à cette noble entreprise qu’est la gazette d’exister et à son directeur de s’enrichir.

Il convient aussi de ne pas omettre ceux qui mouillèrent leurs chemises pour que la gazette atteigne le niveau d’excellence que l’on sait :

Matthias, Florian, fées informatiques et bien sûr Monik, la correctrice des errances orthographiques des rédacteurs un peu illettrés.

 C’est à ce moment précis qu’un collaborateur reconnaissant et bénéficiaire d’une récente et substantielle augmentation se lève :

«  L’omission serait inacceptable de ne pas remercier du fond du cœur notre patron bien-aimé, celui sans lequel notre pain quotidien n’aurait été qu’hebdomadaire et sans lequel la

 

NOUVELLE GAZETTE DU PORT

 

N’aurait pas vu le jour.

 

Une tentative de croisement improbable est en cours d’expérimentation au port. Il s’agit de l’autruche d’eau douce. Cet animal,  à l’instar de trop d’humains, a pour particularité de plonger sa tête dans l’eau, évitant ainsi d’être confrontée à la dure réalité du quotidien.

Conte pour les enfants

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Et pour les adultes qui ont su rester enfants

Le pêcheur et le chat

 

Parfois, je le regrette mais j’avoue nettement préférer les individus de tendance contemplative aux sportifs bardés d’ambitions pugnaces.

Les pêcheurs qui font partie de la première catégorie me fascinent. Qu’un individu dans notre monde d’activités épileptiques soit capable de s’asseoir sur une pierre face à l’infini lacustre dans le prolongement d’une canne à pêche, immobile comme fondu dans le paysage, des heures durant…

L’autre jour, déambulant le long de mon lac préféré, j’avise l’un de ces contemplatifs. Si mon regard ne s’était attardé, je n’aurais rien à raconter ici. Par bonheur mon attention fut attirée par un élément insolite de ce tableau bucolique. Juste à côté du pêcheur, assis sur une pierre plate, la mine concentrée entre des moustaches tendues comme des antennes, un chat suivait consciencieusement les mouvements du bouchon flottant sur l’onde tranquille.

– Excusez-moi, monsieur l’amateur de poissons, votre chat est-il myope pour espérer capturer une souris au bout de votre ligne ?

– Ce n’est pas mon chat et je déteste le poisson, mais si vous n’avez rien de mieux à faire, je vous propose d’attendre un peu, vous ne le regretterez pas.

Mon esprit aventurier me fit prendre place sur un caillou voisin. Je n’attendis pas longtemps. Subitement, le bouchon et la queue du félin se mirent à frétiller de concert… il allait se passer quelque chose, je le sentais.

Le geste net et précis du spécialiste, tendit la canne vers l’arrière, sortant de l’eau une jolie perchette, les écailles luisantes d’irisations féeriques. La scène touchait au sublime, trois paires d’yeux convergeaient sur le petit poisson qui rapidement fut maîtrisé par une main experte. Le pêcheur alors se tourna vers son ami tigré et s’adressant à lui :

– Ah ! Tu le voudrais bien, ce beau poisson, et bien il faut le mériter !

Alors le félin entama une étrange danse, véritable rituel initiatique, il se contorsionna, pivota imprimant à sa tête un balancement étrange, tout ceci autour de son repas, tenu fermement par la queue au dessus de sa tête.

Quelques minutes plus tard, jugeant probablement que la démonstration était concluante, le pêcheur présenta l’offrande à Mistigri qui la dégusta avec délectation.

Quelques jours plus tard, me promenant derechef dans les mêmes parages, j’avisai une vieille dame marchant sur le trottoir, suivie de près par un chat. La ressemblance avec le poisson-chat de mon histoire me poussa à questionner la dame.

Contente de pouvoir parler un peu, elle m’expliqua que chaque matin, l’ami félin quittait son confortable panier pour aller, elle ne savait où, mais une chose était sûre, à son retour, jamais il ne touchait à la pâtée pourtant succulente qu’elle lui préparait journellement.

– Regardez-le ! Son poil est luisant, il n’a pas l’ai affamé, n’est-il pas vrai ? Je ne comprends pas…

Le chat me regarda et sourit d’un air entendu, je compris que nous étions complices d’un secret qui devait rester entre nous.

Au revoir, Madame, votre chat est très joli, on voit qu’il est bien soigné. JM