A un inconnu au port …

… Et qui fête ses vingt ans !
P1050392 (1)   Cela, c’était avant !

A VINGT ANS…

A vingt ans, certains sont déjà vieux, ils sont prêts à mourir une longue vie sans étoiles.
D’autres ne peuvent quitter leur chambre d’enfant, leurs jouets, leurs nounours.

Il en est qui cherchent, ils cherchent la vérité, ils cherchent l’âme sœur, ils cherchent les secrets du bonheur, ils se cherchent… parfois ils trouvent… la drogue, Dieu, une carrière, ils sont punk, politiciens, on leur a promis qu’ils pouvaient acheter le bonheur, alors ils achètent… une voiture, la mode, des idées toutes faites.

D’autres, plus courageux partent, ce n’est pas possible d’être heureux ici, alors ils partent… en Amérique ou ailleurs…
Ceux qui habitent en Amérique ou ailleurs partent aussi, en Suisse ou ailleurs…
Et puis c’est beau, l’Amérique! Les plages sont superbes, les filles bronzées, c’est grand l’Amérique ! On respire, on n’en voit pas le bout, c’est génial, l’Amérique ! … c’est con, l’Amérique.
Alors… il est où, ce foutu bonheur ? Parfois on trouve sur son chemin une âme qui pourrait être sœur, on dit qu’on tombe amoureux, pourquoi dit-on qu’on tombe ?
Tout d’un coup on se sent mieux, la route devient plus riante, on est habité par quelqu’un d’autre, on n’est plus seul…
C’est mieux que l’Amérique… pas toujours, car le bonheur qu’un autre procure est fragile, on se promène main dans la main, la main de l’autre est douce à caresser, c’est la fusion, la fusion de deux cœurs, de deux solitudes, la fusion de deux mains mais la nuit venue, on la regarde dormir et l’on est à nouveau seul.
On rentre dans les rangs de la vie, on se découvre des passions nouvelles, des passions d’adulte, des passions sérieuses, on travaille, on gravit les échelons de la hiérarchie, on gagne de l’argent, on va en Amérique en vacances, on achète des bonheurs, enfin on achète…

C’est certainement cela, le bonheur.

On s’engage dans la vie, on devient quelqu’un, un chef, un président, on est respecté, on nous envie, on se sent mieux, les angoisses ont disparu, on a enfin trouvé !
On a trouvé le succès, l’argent, on domine, on a de l’expérience :
– Oui, Messieurs, croyez-en mes compétences, je sais. !
On sait mais on s’est perdu, on a perdu ses billes, on a égaré sa vie, on a vendu son âme.

Alors on subit une alerte cardiaque, on ménage une petite pose dans ses occupations, on réfléchit, on se dit qu’il est trop tard pour chercher autre chose, on prétexte les enfants à charge, les échéances financières, on clame à qui veut l’entendre qu’on est très bien comme cela, il suffit de travailler moins.
On accepte, on renonce, on s’habitue… on croit s’habituer, mais on vieillit, les années défilent vite, très vite… et le bonheur, dans tout cela ?

Le bonheur, on constate que c’est un mot, un mot crée pour faire envie, un mot devenu support publicitaire, un mot vide, un mot vide, comme nous.

Alors un chien oreillard passe à côté de nous, on le regarde, on le caresse, il est heureux de nous sentir ami, cela dure deux minutes… et si c’était cela, le bonheur ?

On sourit à une inconnue, on parle à un vieux tellement seul qu’il ne sait pas très bien répondre… et puis on reçoit une lettre de son fils, c’est peut-être cela, le bonheur.

3 réflexions sur “A un inconnu au port …

Laisser un commentaire