Ah ! Les jeunes…

Ah ! Les jeunes… J’ignore pourquoi ce ne sont jamais les jeunes qui prononcent cette sentence, mais les vieux… Ils devraient pourtant se souvenir qu’ils furent aussi jeunes, les vieux…

Et les jeunes, s’ils ne sont pas ce qu’on voudrait, ils ne sont en réalité que ce que les vieux en ont fait…

Si l’on veut des jeunes dignes de l’admiration des vieux, peut-être serait-il séant de les admirer. Peut-être serait-il aussi souhaitable de les aider à remplacer les vieux, au lieu de les maintenir dans l’ombre de ceux qui érigent leurs expériences obsolètes en certitudes indéfectibles.

L’expérience n’est souvent qu’un paravent opaque derrière lequel les vieux se réfugient pour tenter de sauver un présent qui s’étiole, mais derrière un paravent, on est seul. Et quand on est vieux, il n’est pas bon d’être seul.

Si vous venez chez moi, vous m’y trouverez, sans doute disposé à prêter une oreille bienveillante à vos propos, mais si vous cherchez la lumière, si vous espérez la connaissance sans entrave, la fraîcheur et l’authenticité, adressez-vous à « mes » jeunes, leur esprit vous comblera, écoutez-les, ils sont probablement ma seule chance, la vôtre aussi, de ne pas devenir de vieux cons !

Ah ! Les vieux… s’ils savaient le bonheur d’être entouré de jeunes, ils diraient : Ah ! Les jeunes, ils sont formidables !