… Faudrait savoir !



Le paradoxe du non – agir
La saveur du non-agir et le plaisir que l’on peut en retirer sont difficiles à saisir pour nous autres occidentaux car notre culture valorise surtout l’action et le progrès. Même nos loisirs tendent vers une hyperactivité constante. Le bonheur du non-agir réside en ce que rien d’autre n’a besoin de se passer pour que ce moment soit accompli.
Quand Thoreau dit : « Le jour se lève et soudain le soir survient et rien de mémorable n’a été accompli », c’est une provocation pour les gens obnubilés par le désir de réussir et de progresser dans le monde. Mais au nom de quoi a-t-on le droit de juger qu’une matinée passée à rêver sur le pas de sa porte est moins mémorable ou méritoire qu’une vie active et bien remplie ?
La seule manière d’accomplir quelque chose de valable est de le faire dans le mode du non-agir sans se préoccuper si cela servira à quelque chose. Sinon, l’intérêt personnel et la cupidité risqueraient de s’introduire dans notre travail qui deviendrait subjectif, impur et en fin de compte insatisfaisant même si c’est un travail de valeur.
Les savants connaissent bien cet état d’esprit et s’en méfient car il inhibe la créativité et déforme notre capacité à discerner clairement les rapports entre les choses.
