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Niels

Vous avez peut-être vu ces derniers temps au port un sympathique mec s’occupant du proto Syra. Ce n’est autre qu’un des plus célèbres marins suisses  Niels Frei qui a navigué sur les bateaux les plus prestigieux. Les plus grands champions sont toujours les plus modestes, il en fait partie :

Un peu tristes

Les plus anciens se souviendront certainement avoir partagé quelques instants avec Louis Fantony et sa gentille épouse Marie Thérèse, Désormais Louis se promènera au fil des nuages de l’éternité, il y a comme un manque au port.

Translém

Translémanique en solitaire, une belle victoire

 

Cette prestigieuse régate  a eu lieu le 29 août dont le parcours se joue à l’identique du Bol d’or, soit Genève Bouveret et retour.

La gazette a eu l’opportunité d’interviewer notre ami vainqueur François qui a bien voulu nous transmettre quelques renseignements intéressants sur sa course.

 

La gazette   Si nos informations sont avérées, non seulement tu as remporté cette régate mais c’était la deuxième fois. En suivant la course sur internet, contrairement à tes habitudes, nous avons constaté que ton départ fut catastrophique. Une remontée spectaculaire t’a propulsé à la 3ème place au Bouveret ayant ainsi remonté une centaine de bateaux. Ta redescente sur Genève fut magnifique pour enfin franchir la ligne d’arrivée premier et à 1h40 du 2ème.

 

François  Pour les petits soucis que j’ai eus avant le départ, j’étais prêt et au moment de dérouler mon reacher je ne démarrais pas. J’ai vite compris que j’avais quelque chose dans ma quille, en fait mon voile de quille étai rempli d’algues. J’ai du me stopper, attendre que les bateaux autour partent, remettre ma quille en vertical, aller à l’intérieur du bateau, j’avais besoin de place autour de moi car le bateau démarre très rapidement puis j’ai du tirer sur mon coupe algues. Les bateaux autour de moi sont assez rapidement partis et il m’a fallu environ 9 minutes pour franchir la ligne de départ alors que normalement après quelques secondes du coup de canon, je suis déjà lancé.

 

G – Tu as pu enlever toutes les algues avec ton système de coupe algues ?

 

F  – Il y a une gorge à l’avant de la quille dans laquelle une lame est animée d’un va et vient du haut en bas. Cette lame actionnée par moi coupe depuis le bas de la quille jusque tout en haut à ras la coque.

 

G  – Y avait-t-il des algues sur le gouvernail ?

 

F – Non ! J’avais tout ramassé sur la quille et rien sur le gouvernail. Il y en avait aussi un peu sur les dérives mais comme ces dernières se lèvent ce n’est pas un problème.

 

G – Après, tu as fait route vers le Bouveret et tu as remonté 100 bateaux ?

 

F – Etant derrière le peloton j’ai pu faire une tactique. Quand on est devant, la tactique n’est pas la même que si l’on suit les autres ceux-ci nous donnent des informations. On va où il y a du vent. Bien sur mon bateau est un peu plus rapide que les autres et par rapport aux erreurs qu’ils font, moi je peux les éviter

 

G La montée après le départ était-elle au près ou portant ?

 

F – Jusqu’à Evian j’étais au près et j’ai bénéficié des airs de terre coté France.

Puis un choix tactique a été fait. Alors au large d’Evian j’étais en tête mais je m’y suis scotché 1 heure et quart ce qui a permis à tous mes copains de voir que j’étais arrêté donc d’éviter le coin. J’étais le seul à l’endroit ou il ne fallait surtout pas être, tous les bateaux sont passés côte suisse avec le vent.

G – Tu es tout de même passé Bouveret en troisième position derrière 2 psaros 33

 

F – Après le passage de la bouée j’ai eu la chance de subir un orage qui sévissait côte française. On  savait qu’on aurait la bise, la météo était claire. Le premier qui touche la bise va immédiatement mettre une bonne distance aux copains et c’était pour moi !

 

G – les deux premiers sont ils restés longtemps au large de Lausanne plantés en attendant la bise ?

 

F – Il y deux raison pour lesquelles ils sont restés en stand by, ils avaient gréé leurs génois volants et chaque fois que le vent (Constamment changeant) les obligeait à virer, aller devant le bateau, enrouler le foc, le faire passer de l’autre coté et le dérouler, et moi, je n’avais pas de génois volant donc des virements beaucoup plus rapides sans perdre de vitesse. Juste les bastaques à gérer.

 

G – Quels furent les meilleurs moments ?

 

F – Un joli moment quand au large de Lutry, j’ai commencé à abattre dans la bise et là, il y avait de la pression, entre 12 et 15 nœuds, naviguant en 10 et 14 nœuds de vitesse.

 

G – Quelle fut ta vitesse maximum ?

 

F – 14 15 nœud, je ne regarde pas vraiment ma vitesse

 

G –  Une question ; as-tu été déprimé à certain moments difficiles ?

 

F – Déprimé, non, je sais qu’une régate ne se joue pas  au départ et comme j’ai vite été recollé au peloton, je me suis dit qu’avec la performance de mon bateau et que je ne naviguais pas moins bien que les autres et je  les rattraperais…

 

G – Oui mais tu avais 100 dévents pour te perturber !

 

F – Mais ils ne sont pas dans le même axe que moi, ils sont décalés sur la largeur du lac et je suis tellement en surpuissance par rapport aux autres que cela ne me dérange pas

 

G – A chaque manoeuvre tu devais mettre le pilote ?

 

F – Pas toujours, mais pour les empannages, c’est nécessaire

 

G – Comment te débrouilles-tu pour gérer les bastaques et l’empannage, ce doit être infernal !

 

F – J’ai mes petites astuces et cela va très bien !