
Auteur/autrice : jmpote





Petit texte datant de 2006
Antinomie marine janvier 2006
Vous avez la chance d’être le propriétaire d’un bateau. Vous l’avez choisi parmi de nombreuses autres unités, vous avez pesé, évalué, trié, analysé le marché pour arriver à la conclusion que ce sera celui-là et pas un autre.
Il est maintenant à vous, élégant, rapide, confortable, efficace, bref … à votre image.
Tout devrait ici respirer le bonheur … malheureusement et c’est là où le bateau blesse, les navigateurs ne sont que des humains et l’humain, c’est bien connu, répond à un principe diabolique et sans appel, il est perpétuellement insatisfait.
De même qu’il est insatisfait de sa personne, de sa condition sociale, de son patron ou de la couleur de sa salle de bain, il ne le sait pas encore mais assez rapidement, il sera insatisfait de son bateau.
Après avoir adoré son nouveau joujou, après en avoir apprécié les mérites, l’avoir nettoyé ripoliné, il va tomber un jour – par hasard – sur un voisin d’ancrage qui exhibera un bateau presque pareil au sien, presque à une petite nuance près, il est un peu plus grand, juste un peu plus grand. Cela n’a l’air de rien, un petit mètre de plus …
Alors immédiatement s’insinuera en traître dans sa tête insatisfaite le lot d’avantages que ce mètre pourrait lui offrir, à lui mais surtout à sa famille jusque là réticente, car il pense aussi aux autres !
Puis se pointe l’hiver.
Les bateaux en cale sèche n’ont plus rien à cacher même pas cet antifouling qui présente des traces nécessitant après l’avoir soigneusement poncé de le remplacer par une nouvelle couche.
Or son voisin de ber, lui aussi attelé à la même tâche, contemple son œuvre déjà achevée … son bateau mesure un mètre de moins. Cela n’a l’air de rien, un petit mètre de moins mais au ponçage cela compte !



