Auteur/autrice : jmpote

RIEN à SIGNALER

Petit bateau, grand bateau

Unknown Unknown

Vous avez la chance d’être le propriétaire d’un bateau. Vous l’avez choisi parmi de nombreuses autres unités, vous avez pesé, évalué, trié, analysé le marché pour arriver à la conclusion que ce sera celui-là et pas un autre.

Il est maintenant à vous, élégant, rapide, confortable, efficace, bref … à votre image.

Tout devrait ici respirer le bonheur … malheureusement et c’est là où le bateau blesse, les navigateurs ne sont que des humains et l’humain, c’est bien connu, répond à un principe diabolique et sans appel, il est perpétuellement insatisfait.

De même qu’il est insatisfait de sa personne, de sa condition sociale, de son patron ou de la couleur de sa salle de bain, il ne le sait pas encore mais assez rapidement, il sera insatisfait de son bateau.

Après avoir adoré son nouveau joujou, après en avoir apprécié les mérites, l’avoir nettoyé ripoliné,   il va tomber un jour – par hasard – sur un voisin d’ancrage qui exhibera un bateau presque pareil au sien, presque à une petite nuance près, il est un peu plus grand, juste un peu plus grand. Cela n’a l’air de rien, un petit mètre de plus …

Alors immédiatement s’insinuera en traître dans sa tête insatisfaite le lot d’avantages que ce mètre pourrait lui offrir, à lui mais surtout à sa famille jusque là réticente, car il pense aussi aux autres !

Puis se pointe l’hiver.

Les bateaux en cale sèche n’ont plus rien à cacher même pas cet antifouling qui présente des traces nécessitant après l’avoir soigneusement poncé de le remplacer par une nouvelle couche.

Or son voisin de ber, lui aussi attelé à la même tâche, contemple son œuvre déjà achevée … son bateau mesure un mètre de moins. Cela n’a l’air de rien, un petit mètre de moins mais au ponçage cela compte !

Urgent !

L’élite des usagers du port recherche de toute urgence :
Un(e) bénévole (très mal payé(e)) pour nous concocter un petit repas … qui se devra de nous laisser un souvenir inoubliable !

JEUDI 8 prochain au CVVT

Les candidatures seront éxaminées avec la plus stricte rigueur.
Nous tenons à vous avertir que le niveau des habitués est très élevé donc toute conversation de chambre à lessive sera proscrite … non mais des fois !
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Pagaie

Ce texte ci-dessous a probablement déjà figuré dans la gazette mais il est tellement bon que le rédacteur en chef a décidé de le rééditer. Un grand poète français a dit : Il est vrai que l’on répète souvent les mêmes choses mais comme personne n’écoute…

La Pagaie (à ne pas confondre avec la pagaille)

 Dans les temps reculés du temps jadis, un génie inconnu   (un de plus) Anatole Godillot, inventa entre autres objets prestigieux disparus, le bateau. Cette création flottante encore peu identifiée était certes intéressante mais il s’avéra rapidement qu’un bateau qui reste sur place se nomme caravane donc il était question après avoir inventé le bateau, que ce dernier avance ce qui n’était pas le cas.

Comment donc propulser cet ofpei (objet flottant pas encore identifié) ? Génétiquement bimane, notre génie pensa tout de suite à utiliser ses mains. En les remuant d’avant en arrière (les doigts serrés l’un contre l’autre, cela va de soi), il vit l’embarcation lentement se mouvoir mais lentement, trop lentement, l’idée était bonne mais inefficace. Alors son esprit génial lui intima le conseil suivant : Si une main est insuffisante pour faire raisonnablement avancer l’esquif, il suffisait de multiplier les mains ! Pas con, il n’en fallut pas plus pour que notre cerveau convoque plusieurs amis de son entourage, le génie puise ses sources décidemment dans la simplicité. Tout le monde embarqué, on assista au double de mains que de rameurs s’agiter dans les flots… Après 2 heures d’un effort sans répit, une constatation rédhibitoire fit son apparition : Malgré cette forêt de mains s’agitant dans l’eau, le bateau n’avançait pas plus vite qu’avant. Evidemment aux origines de ces mains se trouvaient des individus qui pour un poids moyen de 65 kilos, le bateau devenait trop lourd et se trainait sur l’onde.

La propulsion par pieds fut un court instant envisagée mais les palmes n’ayant pas encore été inventées, un nouvel échec se profila.

Or notre marin savant créateur n’était pas homme à baisser les bras, il se souvint alors d’un vieux pote violoniste qu’il rencontra immédiatement. Vite convaincu de lui prêter son instrument, il s’empressa, vu sa forme avantageuse, de l’utiliser en guise d’aviron, le résultat immédiat fut relativement satisfaisant  mais il fut assez rapidement convaincu de renoncer vu que le violon s’était rapidement rempli d’eau interdisant un balayage harmonieux. De plus les cordes avaient nette tendance à lui cisailler les doigts.

Restait un voisin renommé pour la finesse de sa cuisine et sa générosité. Il eut alors la bonne idée de lui emprunter une poêle et là, son génie frisait l’hypertrophie, il mandata une femme pour faire la démonstration d’une rame poêlée, les mauvaises langues la nommèrent trop tôt la femme à poêle ce qui mit un terme à l’expérience.

A une encablure du désespoir, notre savant eut un sursaut de vestige de génie. Il contacta un bûcheron à qui il demanda de  scier un tronc de bonne longueur. Il pourrait ainsi en balançant le dit tronc d’avant en arrière espérer é-mouvoir son embarcation.

Cette fois ci les Dieux de la mer et de la pagaie semblèrent le soutenir dans cette dernière invention.

Il se mit à souquer, souquer encore pendant des années, des siècles, le résultat était positif, le bateau avançait sauf que les troncs utilisés, à force de fendre les flot s’usèrent jusqu’à ne plus être que des sortes de planches toute plates.

Ce fait obligeait notre homme à fréquemment retourner voir le bûcheron pour lui commander de nouveaux troncs neufs, bien cylindriques.

Or à ce stade de l’exposé, un phénomène aussi mondial que commercial vit le jour : La société de consommation.

D’habiles comptables assistés de futés publicitaires analysèrent le cas. Un tronc de forme bien connue peut être scié en plusieurs planches bien plates. Il n’en fallait pas plus pour que ces ingénieux commerçants réalisent qu’avec un seul tronc cinq ou six pagaies pouvaient être fabriquées et vendues très cher.

Cependant rapidement devenus riches vendeurs de pagaies en bois, de malins petits chinois imitèrent nos génies et inondèrent le marché de la pagaie de pagaies moins chères.

Voici l’histoire aussi passionnante que déliquessante de la pagaie de l’antiquité à nos jours.

Je rêve aujourd’hui de cet individu génial qui un jour ou l’autre inventera une toute nouvelle pagaie, moderne, bourrée d’électronique, la I-pagaie qui sera compatible et branchée directement sur votre I-phone… Pour autant que les bateaux de demain ne volent pas !

Dernière nouvelle : Les pagaies vont inexorablement bientôt trouver leur place dans les musées, le voilier volant ayant été inventé.