Un voilier sans mât, c’est comme :
Un jour sans pain
Un piano sans touches
Un port sans château
Un lundi matin
Une femme qui ne sourit pas
Au plus profond d’une nuit noire et orageuse, après une descente sous spi de rêve, tout se passait bien au retour au près, 15 nœuds de vent ou un peu plus, rien d’exceptionnel en somme lorsqu’un bruit sec puissant et sinistre accompagna la chute irréversible du mât, cassé en deux. Une vis a la fonction de visser et à l’occasion, de dévisser, tout ceci par l’intermédiaire d’un tournevis. Si par malheur la vis se dévisse toute seule, le mât tombe, c’est aussi simple que cela.
… Et le mât est tombé ! Cassé en deux parties !
L’espar sinistré tombant dans l’eau, il entraîna la voile avec lui menaçait de transpercer la coque ce qui eût été fatal. Incapables de maintenir le bateau face aux vagues, un tangage important nous balançait d’un côté et l’autre.
C’est alors qu’Aymeric, secondé par Sara, pendant quarante cinq minutes au moins eut les gestes du pro. Il remonta avec grand peine le haut du mât sur lequel la grand voile était encore arrimée lacéra celle-ci avec un cutter et finalement put déposer le tout sur le pont.
Retour au moteur jusqu’au port, on décide de rejoindre l’emplacement de la grue, en marche arrière … une foutue ficelle, drisse ou écoute se prend dans l’hélice, moteur calé.
Par chance et là je reconnais la chance d’habiter à la Tour, un escadron de potes nous attendait et avec une précision chirurgicale ces amis débarrassèrent le bateau de la multitude de cordages, câbles et vis de toutes tailles.
Nous mettant d’accord de plonger le lendemain pour débarrasser l’hélice du boute, nous assistâmes alors au déshabillage d’Aymeric qui à onze heures du soir plongea sous le bateau, et, remonté à la surface, l’hélice était libre à nouveau.
Un bateau sans mât c’est triste comme quelqu’un qui ne connaitrait pas le port de la Tour de Peilz et ses habitués.
Reflets d’un blessé par Héléna