
Mois : février 2023
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CVVT environ 1970
Un premier « boum » à la Nautique, plus particulièrement au CVVT
Le développement de nos clubs au cours des deux décennies suivant les années cinquante s’effectue parallèlement à celui de l’économie en général, à l’augmentation de la population dans la région et à l’importance accordée aux vacances et aux loisirs. Il bénéficie également d’une évolution technologique favorable à de nouvelles conceptions dans la construction nautique. L’emploi du contreplaqué marine ainsi que celui des matières polymérisables, par exemple, permettront des abaissements des coûts progressifs propres à éviter de trop devoir sacrifier sur le plan familial afin de satisfaire l’envie de posséder un bateau.
Les voiles de fibres polyester apportent aussi d’indiscutables avantages sur le plan pratique. L’aspect des coques dans les nouvelles séries se modifie sensiblement et ce n’est pas sans étonnement et commentaires que l’on voir apparaître les premiers Cannetons 505 avec leurs caissons étanches arrondis ou les premiers Corsaires avec leurs ponts à tonture inversée, avant que l’habitude et la reconnaissance de leurs qualités fassent qu’ils ne soient plus remarqués.
A la Tour, hormis les fidèles adeptes du 6,5m, les membres du CVVT font preuve d’un individualisme en un sens réjouissant, mais bien peu propre à constituer des séries suffisamment étoffées pour permettre des régates vraiment intéressantes. Divers procédés de calculs endicap viennent, dans la mesure du possible et comme c’est déjà le cas depuis longtemps, corriger les inconvénients notoires de cette grande diversification. Probablement grâce à cet équilibrage des possibilités de classements offertes aux bateaux les moins favorisés, les régates internes rencontrent passablement de succès et elles se courent dans un aimable esprit de bonhomie dont seuls quelques rares passionnés de compétition souhaiteraient qu’ils fussent plus agressifs.
Le démarrage du yachting léger, associé aux impératifs inhérents à la mise aut pied de régates ouvertes, parfois internationales, telle celle du ski – voile avec des équipages et des bateaux venus non seulement de Suisse-allemande mais de France impose de nouveaux concepts d’organisation.
C’est ainsi que l’on passera inévitablement du principe de la ligne de départ entre terre et bouée, matérialisée par l’alignement de deux mâts, à celui d’une ligne définie par un bateau start à l’aide de deux bouées, idéalement orientables sur le moment selon la direction du vent. Tout un matériel utilisé pour le start à terre deviendra du même coup inutile. Les plus anciens du Cercle se rappellent certainement du grand panneau sur lequel les apparitions successives de disques rouges marquaient chacune des cinq dernières minutes précédant le coup de canon fatidique.
Notons encore quelques points plus particuliers :
- Au cours de son assemblée générale de 1956, le CVVT décide la création d’une section juniors. On peut juger aujourd’hui de toute la conséquence bénéfique de cette initiative.
- En 1958, Raoul Thorens et Charly Buchler représentent la Suisse au championnat des dériveurs à deux équipiers à la Baule.
- 1959 voit naviguer le premier Corsaire, l’Aquilon, propriété de son constructeur pour la Suisse « Fridou » Amiguet, exploitant le chantier naval familial alors à ST.Gingolf et fidèle membre du CVVT. Comme on le sait, la série des Corsaires deviendra extrêmement populaire et jouera un grand rôle dans la promotion de la voile, aussi bien dans le domaine de la régate que celui de la croisière, en navigation côtière en mer aussi bien qu’en eau douce.
- Détail amusant mais aux conséquences particulièrement appréciables, c’est à partir de la même année que les régatiers ne sont plus tenus par le règlement à devoir déposer leurs motogodilles avant le départ, sous peine de disqualification…
- En 1965, le CVVT applaudit sans réserve la fondation du Cercle de la Voile de Montreux, avec lequel les rapports resteront toujours cordiaux. Le premier président du CVM n’était autre que Jean-Jacques Eternod, un parfait gentlemen régatier connu sur le lac pour ses brillants résultats en course et naviguant jusqu’alors sous le pavillon du CVVT auquel il restera très attaché.
- Signalons l’achat, en 1968 du premier Zodiac, aussi indispensable au starter qu’à la sécurité des jeunes navigateurs planant par jours de bise sur leurs drôles de machines. Cette acquisition trouvera une justification supplémentaire l’année suivante, au moment de la fondation de l’école de voile avec son premier moniteur Jean-Claude Borel.
- Ultérieurement mais à la même époque, débuteront les régates de l’Association des Bateaux de croisière (ABC).
- Enfin, anticipons quelque peu sur la période suivante en relevant que si en 1968, l’arrivée au port du dernier venu, un Soling, avait suscité beaucoup d’intérêt, celle du Toucan, en 1973 ne manquera pas, elle aussi de faire quelques envieux admiratifs. Bonne fortune aidant, certains rêves du moment se réaliseront par la suite, jusqu’au moment de l’achat d’un autre bateau, encore plus rapide et ainsi de suite…
A la Tour, on peut se réjouir du fait que le port soit enfin libéré des deux barques-épaves le long de la digue de Vaudaire, ce qui met de nouvelles places d’ancrage à disposition. La composition de la flottille du Cercle dans les années soixante nous intéresse : Onze 6.5m, deux Lacustres, trois 8.5m, six Flying Dutchmann, cinq Canetons 505, deux Snipes, dix Moths, cinq Grèbes, un Bélouga, un Grondin, neuf lestés et dériveurs hors classes. Cet échantillonnage à tendance déjà passablement patchwork, se renforcera encore par la suite avec l’introduction, entre autre, des Trias, des Vauriens et des Optimistes, avant que ne viennent les derniers nés que nous connaissons (Lasers, Banners, Améthystes, etc.)
Dans ses effectifs en hausse continuelle (Toutes catégories confondues 125 membres en 1958, 245 en 1970).

