Mois : décembre 2020

Les feuilles mortes

Les feuilles mortes se ramassent à la pelle… c’est bien fini !  

Depuis des lustres, chaque automne arrache la robe chamarrée de nos arbres, or une feuille qui tombe, pour commencer c’est dangereux et puis, beaucoup plus grave c’est sale et vilain. De même qu’il est de bon ton de camoufler nos vieillissements trop apparents, il convient de nous faire oublier l’automne et ses feuilles mortes.

Jadis, de grands balais maniés par d’habiles jardiniers poussaient ces vestiges de l’été moribond dans des charrettes, elles-mêmes vidées dans la première décharge venue, désuétude d’un temps révolu !

Aujourd’hui, à l’ère de la mécanique, du pétrole et des idées, cette action purificatrice de nos lieux publics s’exécute d’une manière très différente : Dans un vacarme tonitruant, vous avez certainement déjà remarqué un petit homme vert muni d’une sorte de gros tuyau d’aspirateur… ce n’est pas un aspirateur, c’eût été trop facile, non ! Le tuyau en question est l’appendice d’une souffleuse. Cette machine infernale projette sous une pression diabolique les feuilles indésirables… un peu plus loin… Un peu plus loin les attend une sorte de tracteur du troisième millénaire muni à son flanc de grandes oreilles poilues tournantes encerclant une ouverture béante qui, elle, aspire les feuilles. Mais à l’instar de toute baignoire qu’on remplit, il faut vider le réservoir du tracteur. Vous pourriez alors vous imaginer que le butin amassé allait être déversé sur la même décharge que celle de nos ancêtres… que nenni non point ! Une autre machine, fascinante et tout aussi bruyante aspire les feuilles précédemment transvasées dans une charrette et les projette dans une autre gueule béante qui les happe sans la moindre pitié, elle répond à l’horrible nom de broyeuse.

Malheureusement, toutes les feuilles ne tombent pas en même temps. Notre mère nature parmi le lot de cruautés dont elle a le secret sait aussi le temps d’un coup de Vaudaire faire état d’un certain humour, le coup de Vaudaire en question arrivant généralement après le travail ci-dessus expliqué et imposant aux maîtres de la feuille morte de tout recommencer.

Récapitulation : 1 petit homme vert, 1 souffleuse, un balai aspirateur, une charrette, une aspireuse-refouleuse et une broyeuse… ça, c’est du travail ! Reste une machine à inventer : celle qui enrayera le méchant coup de Vaudaire intervenant après les opérations ci-dessus inventoriées. Moi, je propose de supprimer les arbres. Ainsi, plus de feuilles mortes et plus d’oiseaux tellement bruyants qu’on entend même plus les autos passer.

Les chanceux !

Pendant que nous grelottons à l’approche d’un Noël solitaire. A l’autre bout du monde, le père Noël, ne descend pas de ses nuages sur le traineau mais il arrive en bateau, étonnant, non ? En résumé si vous n’aimez pas l’hiver, l’Australie est la destination rêvée pour un Noël sous le soleil.

21 juin 1930

21 juin 1930

La coupe de l’América« 

Bateaux en course : Shamrock.V, Britannia, Lulworth, White-Heather, Candida…on demanda l’opinion du major Heckstall Smith.

…- Quel type préférez-vous ?

– Je n’admire pas sans restriction tout dans le gréement américain; pourtant dans l’ensemble, il me plaît mieux. La légèreté du mat de Shamrock est un avantage; à la bande, il est moins chargé de ce fait. En somme, regardant Shamrock comme le représentant de la formule américaine, je le trouve supérieur pour la coque, la construction et le gréement. On lui reproche sa tonture trop tendue. Personnellement, j’attache autant d’importance à cela qu’à la forme des bords d’un chapeau.

Ce que je blâme sur Shamrock c’est l’absence d’aménagements convenables. Tous les yachts anglais ont des aménagements habitables par des yachtmen respectables. Les yachts de course Britannia, Lulworth, White-Heather, Candida et Cambria ne sont machines de course qu’en haut; en bas ce sont des yachts. Shamrock est en bas une machine de course. Sa cale renferme des treuils et les drisses pour hisser les voiles. Le poids des aménagements habituels est passé en lest supplémentaire dans la quille: un abominable puits de dérive, empêchant toute distribution agréable des cabines, obstrue l’intérieur de la coque. Evidemment, cette réalisation contribue à la vitesse et c’est pour cela que Shamrock est plus vite que les yachts de conception anglaise.

C’est un avantage immédiat, mais je crois que l’on serait bien avisé de lutter contre cette tendance et de revenir aux yachts habitables et confortables; cela dans l’intérêt bien compris du sport »