Mois : juin 2016

Bol d’or

Dès samedi 10 heures, l’élite des navigateurs boélands sera (ont?) sur la ligne de départ pour disputer cette régate mythique. Nous ne nommerons pas ces héros mais le team de la gazette tentera d’effectuer de belles photos de concurrents .

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Samedi prochain

 LE BOL D’OR MIRABAUD SE PORTE BIEN, MERCI POUR LUI

TIP & SHAFT 

Véritable institution créée en 1939 à l’initiative des grandes familles du lac Léman, le Bol d’Or Mirabaud fête, du 10 au 12 juin, sa 78e édition. L’épreuve, un aller-retour de 66,5 milles entre Genève et Le Bouveret, a longtemps été réservée à ces happy few réunis au sein de la très sélect Société Nautique de Genève (on dit « La Nautique »), où les équipiers n’étaient même pas autorisés à aller boire un verre ! Elle s’est ouverte à partir des années 1970, l’arrivée progressive de sponsors auprès des concurrents, très controversée à l’époque, ayant permis à des marins moins fortunés de damer le pion aux riches fortunes locales.
La participation qui a atteint jusqu’à 650 bateaux pendant l’âge d’or de l’épreuve (1980-1990), s’est stabilisée depuis autour de 500. Plusieurs classes sont admises : trois en multicoques – les M1 (dont les Décision 35, qui ont remporté 11 des 12 dernières éditions), les M2 et, nouveauté 2016, la nouvelles classe des C1 (18 à 21 pieds, seuls autorisés à courir avec deux équipiers) qui accueillent les Flying Phantom, admis pour la première fois (sur CV). Côté monocoques, cinq catégories courent en temps compensés, trois sont one design : les Toucans, bateau typique du Lac, les Surprises et Grands Surprises. « J’ai toujours tendance à dire que le vrai vainqueur du Bol, c’est celui qui gagne en Surprise, parce que c’est engagé – tu passes la nuit sur l’eau – et c’est de loin la flotte la plus nombreuse, avec plus de 100 concurrents. C’est la course dans la course », explique le journaliste suisse Vincent Gillioz.
Organisé par la SNG, l’événement mobilise 30 personnes, aidées par 100 bénévoles. Il est financé par les droits d’inscription (150 francs suisses, soit 135 euros), le partenaire-titre – la banque Mirabaud depuis 2007 – et des partenaires secondaires. Le budget total de l’épreuve ? Au pays du secret bancaire, impossible de le savoir ! « C’est un chiffre qui n’a jamais circulé », répond Bernard Schopfer, responsable de la communication de l’évènement et auteur de La Légende du Léman. Mais le Bol d’Or, même sans partenaires (ce qui était le cas avant 1995), a toujours bien vécu, la « Nautique » assurant son fonctionnement.
Niveau dotation, rien à gagner si ce n’est le fameux Bol d’Or (ainsi que le Bol de Vermeil pour le premier monocoque), objet de toutes les convoitises des familles locales, les Stern, Landolt, Firmenich et autres Bertarelli. « Plusieurs propriétaires ont investi des sommes importantes dans des prototypes pour tenter de gagner le Bol d’Or, c’est une course prestigieuse pour les gens du Léman », confirme Vincent Gillioz. Ce qui explique en partie pourquoi, depuis le mitan des années 1990, des stars de la voile internationales (Russell Coutts) et françaises (Loïck Peyron, Franck Cammas, Alain Gautier, Michel Desjoyeaux…) sont peu à peu apparues sur le Bol, contribuant à la renommée hors des frontières suisses d’un événement qui, par son ampleur, fait bien des envieux. « Il y a toujours une magnifique ambiance. Du très très riche au petit jeune, on sent la même passion », conclut Alain Gautier, vainqueur en 2009 sur Foncia.