La classe mini de plus en plus démente !
LES PROTOS DE LA CLASSE MINI EN EBULLITION
La Classe Mini bouillonne à nouveau. La très belle édition 2015 de la Mini-Transat – courue intégralement au portant ou presque – a fait envie et attire de nouveaux adhérents tandis que le marché de l’occasion est très actif – en particulier en série, où l’arrivée des nouveaux bateaux (Offcet et Pogo 3), qui ont trusté les podiums en 2015, entraîne une baisse de prix des anciennes générations et beaucoup de transactions, à tel point qu’il reste peu de bateaux disponibles.
Mais c’est du côté des protos que l’actu est la plus chaude. L’autorisation, depuis le 1er janvier, de doter les bateaux d’appendices qui sortent du cadre des 3 mètres, booste les architectes. « La Classe Mini redevient le labo de la course au large, se réjouit Lucas Montagne, le président élu en décembre. Et le conservatisme des autres classes nous profite ! »
Si le 800, plan Lombard vainqueur de la Mini aux mains de Frédéric Denis, est toujours à vendre, les deux plans Raison qui ont fait parler la poudre avec leurs étraves rondes ces dernières années ont récemment changé de propriétaires.
Le 747, vainqueur de la Mini en 2011 avec son architecte-constructeur et 2e en 2013 avec Giancarlo Pedote, a été racheté par Bertrand Castelnérac. L’ex numéro 1 de Courrier Dunkerque, longtemps équipier de Sébastien Rogues en Class40, Diam 24 et GC32, a acquis le Magnum avec un objectif bien précis : le faire voler au large et en solitaire. Castelnérac, qui vient de créer SEAir, un bureau d’études spécialisé dans le foil, collabore sur le sujet avec David Raison et Benoît Marie, vainqueur de la Mini-Transat 2013. La participation aux courses du circuit n’est envisagée qu’une fois le vol validé. Le bateau est actuellement en chantier chez Amco à Saint-Philibert.
Le 865, l’autre plan Raison qui a gagné toutes les courses auxquelles il a participé en 2015 avec Davy Beaudart à la barre jusqu’à ce qu’il abandonne la dernière Mini-Transat après avoir remporté haut la main la première étape, a, lui, été racheté par Ian Lipinski. Le vainqueur de l’épreuve en bateau de série n’envisage pour l’instant aucune modification et se posera la question cet été en fonction des résultats des recherches de Bertrand Castelnérac. Le bateau est en chantier lui aussi chez Amco et participera aux courses 2016 du circuit mini.
Quant au 888, le « semi-foiler » de Simon Koster sur plan Mer Forte, 7e de la dernière Mini-Transat, il n’a pas trouvé preneur. Koster va donc courir les principales courses du circuit, sans modifier son bateau.
Côté bateaux neufs, le plan Neyhousser pour le jeune Quentin Vlamynck, membre du team Arkema de Lalou Roucayrol, est attendu avec impatience : étrave scow, foils, voile rigide, étai sur rail, mât basculant, résine innovante… il a coûté la bagatelle de 300 000 €. Il sera exposé début mars à Paris au salon des composites JEC World. Enfin, un plan Lombard, évolution du 800, lui aussi doté de foils, est en construction au Havre pour François Champion.
S’ils n’ont pas de commandes formelles les autres architectes sont prêts à dégainer : que ce soit Finot-Conq, Sam Manuard ou Etienne Bertrand – qui peaufine ses protos polonais de série à prix cassés – tous ont des idées sur comment faire voler un Mini… et tous attendent les premiers tests du 747. Il se murmure même que plusieurs équipes Imoca suivent le dossier avec beaucoup d’attention ! Tip & Shaft