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La bise selon A. Guex

La bise
Lorsque les grains s’affolent dans tous les sens, ombres fuyantes, rapides comme des truites ;
Lorsque le vol lourd des corbeaux qui s’épuisent à regagner la terre :
Lorsque le lac à cinq cents mètres du bord, est blanc d’écume et que les mouettes mènent leur jeu  et glissent emportées sur les pentes de l’air.
Lorsque les arbres se plaignent, puis se taisent puis recommencent à se plaindre.
Lorsque les nuages se massent sur les crêtes de Mémise, remplissent le vallon de Novel et les combles de la Chaumeny, tandis que le ciel au nord reste d’un bleu profond et mat.
Lorsque les canards se tiennent le bec dans le vent et culent doucement, ancrés sur leurs pattes.
Lorsque les tourbillons amoncellent les feuilles, les entassent puis les soulèvent de nouveau, les éparpillent puis les soulèvent à nouveau, les éparpillent et les emportent. Alors les gens du haut lac reconnaissent la bise.

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