

De son verbe accrocheur
Il ferre un auditoire
Tout disposé à croire
Son talent de prêcheur
Son produit, naturel
Connu de nos grand-mères
Nettoie tout, vous libère
Pour un prix démentiel
Et même pour deux flacons
Vos sols, deux fois plus nets
Vous coûteront tripette
Et de plus … il sent bon
Ce sorcier aux mains nues
Génie du vent qui passe
Vend ses tours de passe-passe
Puis se fond dans les nues
– Toi qui fascines les foules
Toi qui leur vends la chance
De meubler leurs silences
Tu peux virer cagoule
Au lieu de tes potions
Qui te rapportent un peu
Vends leur plutôt un dieu
Le ciel, une religion
A travail identique
Tu n’seras plus vendeur
Mais grand prédicateur
Tu vivras de suppliques
Tes clients de jadis
Tes disciples, deviendront
Ils te vénéreront
Sans discuter tes prix
Juste un dernier conseil :
Comme les filles du trottoir
Les amoureuses d’un soir
Turbine pour de l’oseille
Mais prend garde au danger
Du fourvoyeur d’espoir
Qui finit par y croire
Garde ta lucidité
De son verbe accrocheur
Il bénit les fidèles
De lui, êtres fidèles
A l’enseigne d’un seigneur.