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Instinct de survie

Il était à peu près onze heures ou pour être plus précis, 23h 30.
Pommier mollement étendu sur son lit, regardait distraitement un de ces programmes télévisés dont la médiocrité en fait le succès.
Cette attitude passive de regarder la télévision digne de mollusques, procurait bizarrement à Pommier une sorte de béatitude amorphe, un climat de moiteur torve l’éloignant provisoirement des vicissitudes de la vie trépidante.
Pommier se réclamait d’une catégorie d’hommes amoureux d’eau et de vent modéré : Les marins d’eau douce.
De nombreuses heures privilégiées étaient passées sur son bateau, sorte de refuge, île flottante, certains aiment la montagne ou la spéléologie, lui, c’était le lac.
Or un des paramètres d’importance concernant cette activité sportive se situe dans la météo et ses prévisions.
Il est en effet préférable lors de sorties de ne pas se trouver subitement pris dans des tourmentes venteuses ou orageuses mettant en péril l’esquif et son précieux équipage.
Ce jour là, la météo en question avait clairement annoncé de violents orages accompagnés de vents tempétueux, comme l’on dit en mer, un avis de grand frais était au menu de la soirée.
En ce moment de la soirée, pendant que Pommier traînassait dans son lit douillet, son bateau se trouvait, lui, amarré au port et donc en toute sécurité du moins le pensait-il.
Hors navigation, la grand-voile était stockée dans la cabine, la voile d’avant, elle était enroulée sur elle-même autour de l’étai
… Moment de suspens, le suspect du film télévisé est sur le point d’être démasqué par l’habile commissaire à qui rien n’échappe … Le téléphone sonne ! Pas dans le film … A la maison ! Qui cela peut-il bien être à une heure aussi tardive ?

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