TBS : nouvel épisode

En vous référant à quelques articles précédents, vous aurez pu admirer le travail du bûcheron-marin dans ses oeuvres de sciage de son bateau. Les photos ci-jointes vous montreront le même bateau habillé d’un « cul » tout neuf, généreux, de forme résolument moderne que pas mal de régatiers pourront admirer dans quelques mois. Encore un peu de colle, une magnifique peinture et le TBS sera le plus moderne des luthi, de plus, modèle unique à faire pâlir le constructeur !

Notre château

Pas de port de la Tour sans château ! Même si ce vénérable aïeul ne se situe pas précisément dans l’aire portuaire, il en est sans conteste l’élément dominant. Le fait qu’il abrite l’enfer du jeu à travers les âges ne lui retire en aucun cas son élégance prestigieuse. De plus, le drapeau coiffant le sommet de la tour offre d’innombrables services aux navigateurs. Pourquoi ? Les marins d’eau douce que nous sommes scrutons régulièrement la direction imprimée au tissu pour en observer les premières « baffes » de la bise naissante.

Rien à voir avec le port, juste une opinion…

LA GYMNASTE  (Rien à voir avec le port, juste mon opinion à l’occasion des jeux olympiques)

Elle ressemble aux enfants – qui s’essaient à la vie
Son regard est ardent – qui chante une petite fille

Mais derrière ce tableau bucolique, la mignonne
Dissimule in petto – de la graine de championne

Plus rapide que son frère – à courir dans les prés
On la voulut première – au rang des médaillés

Cette petite anonyme – deviendrait, c’est certain
Une déesse de la gym – et la fierté des siens

Mais la noble ambition – couvée par ses complices
Et bénie des champions – réclame des sacrifices

D’un corps souple et gracile – on s’acharna dès lors
A sculpter le profil – pour une médaille en or

On la muscla puis l’étira – la tritura, l’écartela
La déforma, la supplicia – puis on recommença…

Mille fois, sur le métier – elle tordit son corps sage
Sous l’oeil sec, sans pitié – des maîtres de l’esclavage

… Elle a bientôt vingt ans – automne de sa carrière
On l’appelle « mon enfant » – mais il y a la manière …

Quelques instants de gloire – son corps est une machine
Tendu vers la victoire – mais son coeur crie famine

Au nounours, son ami – elle confie ses tourments
Elle n’a pas bien compris – et pleure tout doucement

Elle ne fut pas violée – jamais rouée de coups
On l’a même admirée – souriante, sous le licou

Elle apprit la souffrance – victime de l’esclavage
Mais aussi le silence – à subir les outrages

Et nous qui condamnons – les violences enfantines
chauvins, nous admirons – les exploits d’une gamine

Trois minutes de spectacle -pour une vie de martyr
Trois minutes au pinacle – je devrais applaudir ?

TBS modernisé

Il y en a qui coupent les cheveux en quatre, d’autres coupent la parole aux autres, nous, on en a un qui coupe son bateau. Le TBS, un des plus beaux navires du port, son propriétaire a trouvé son arrière un rien démodé ! Qu’à cela ne tienne, à tout problème, fusse celui-là, il y a une solution. Les images ci dessus seront, je l’espère assez parlantes pour que nous ayons sous les yeux la solution du problème. On coupe ! Il coupe ! Il a coupé !Et en plus, il l’a fait avec précision et ça marche ! Et tout cela avec le sourire… Je crois que j’ai été plus angoissé que lui !

 

Lemarindesalpes

Notre service des grands reporters à l’étranger a eu le privilège de rencontrer notre héros marin. L’homme de l’exploit nous a paru en bonne forme, il nous a relaté par le menu les immenses vagues venant se déchiqueter sur les digues de  L’Orient, les tempêtes se succédant sans relâche, la qualité du lit l’acceuillant les soirs de fatigue chez son frère. Il prétend ne pas avoir ressenti l’ennui de ne pas nous voir. Bien qu’empreints d’un zeste de tristesse, nous avons considéré que l’essentiel pour lui se situait dans le plaisir qu’il retirait de cette aventure, même sans nous… Une question demeure tout de même : Le bateau est resté quelques mois à terre sur la Poteylaz puis a opéré une grande traversée… de la France sur autoroute pour se trouver à l’Orient sur un ber. Le marin en question nous aurait-il caché que c’était sur le plancher des vaches qu’il envisagait de réaliser son rêve ? Encore une question sans réponse ! Par contre il doit savoir que les routes des Alpes sont beaucoup plus sinueuses que les autoroutes de la France. Ces routes nécessitent une attention soutenue permanente. En sera-t-il capable ? Son bateau résistera-t-il ?

Solitude

Je suis habité maintenant par une grande fierté pleinement justifiée : J’ai réussi à écrire un texte accompagné d’une photo. Ce chef d’oeuvre fut réalisé par moi seul, tout seul. (Bien sûr, mon maître d’apprentissage fut un bon maître…)